Montréal et la province sont à nouveau sous l'emprise d'une nouvelle vague de froid. Bien que des mesures d'urgence soient prises, ajoutant ainsi des lits pour la nuit afin de s'assurer que personne ne passe la nuit dehors, cela n'empêche pas que les personnes en situation d'itinérance se retrouvent dehors pendant le jour (et plusieurs ne vont pas dans les refuges malgré tout, marchant toute la nuit ou trouvant une source de chaleur). Ces individus se retrouvent à marcher d'un centre à l'autre, d'une ressource à l'autre, pour manger, prendre une douche, obtenir des gants ou autres items de première nécessité en ces temps froids. Je vous mets au défi de marcher quelques kilomètres à cette température. Comme on dit: Il faut marcher dans les souliers de l'autre avant de le juger.
Wednesday, January 22, 2014
Thursday, January 9, 2014
De la solidarité dans la rue
On croit souvent, à tort, que les personnes en situation d'itinérance sont égoïstes et ne pensent qu'à assouvir leurs propres besoins. Il est vrai que l'amitié est fragile dans la rue; si votre ami a quelque chose que vous avez besoin, ami ou pas, vous lui prenez. Comme intervenante, j'ai souvent vu de beaux moments, par contre. Comme ces deux hommes qui vivaient sous un pont et qui ne s'adressaient jamais la parole, vivant côte à côte comme deux inconnus mais qui, lorsque Dame Nature faisait des siennes, s'enquéraient du bien-être de l'autre. Ou de cet homme, que je connais depuis plusieurs années, qui est réputé difficile et qui est barré de bien des ressources, qui s'est pris d'amitié pour une jeune femme malade et qui l'a amenée à notre organisme et qui nous l'a présentée, afin que nous puissions lui offrir des paniers de nourriture. Un autre s'en faisait pour son amie qui était victime de violence conjugale et nous l'a présentée pour que nous l'écoutions et la conseillions. D'autres vont s'occuper de leurs enfants lorsque la vie malmène ceux-ci, même si eux-mêmes dorment dans les refuges. Des histoires comme celles-là, je pourrais vous en raconter beaucoup!
Thursday, December 5, 2013
L'itinérance explose à New York
Alors que Bill DiBlasio vient tout juste d'être élu à New York, un article de fond du chevronné reporter Ian Frazier est paru dans le New Yorker sur l'itinérance dans la mégalopole américaine. Il m'a chavirée! L'article fait état de l'historique des ressources en itinérance dans la ville, et le journaliste part faire le tour de quelques ressources. Il m'a semblé inadmissible que les refuges soit entourés de barbelés, comme s'il s'agissait d'une prison! Les démarches administratives pour être logé semblent extrêmement complexes. Le pire, c'est que de nombreuses familles doivent elles aussi passer par le système, n'arrivant plus à se loger dans une ville où les loyers ont explosé.
De l'importance de la longévité dans un organisme
Le travail auprès des personnes en situation d'itinérance n'est pas toujours facile et le taux de roulement est haut. Il n'est pas rare que les intervenants se brûlent et changent de domaine du tout au tout. C'est dommage, parce que les personnes de la rue ont besoin d'un lien de confiance, de savoir que l'intervenant sera là longtemps. Ils ne veulent pas avoir à recommencer à raconter leur histoire encore et encore, toujours avoir à recommencer les démarches. Et c'est compréhensible!
Vivre dans la rue est ardu et épuisant. De savoir qu'une personne en qui on a confiance se trouve jour après jour à un organisme crée un point d'ancrage. C'est une présence rassurante. Lorsque tout est chamboulé autour de soi, au moins on sait que l'intervenant sera là, sinon pour nous écouter, au moins pour nous sourire ou nous dire bonjour...
Vivre dans la rue est ardu et épuisant. De savoir qu'une personne en qui on a confiance se trouve jour après jour à un organisme crée un point d'ancrage. C'est une présence rassurante. Lorsque tout est chamboulé autour de soi, au moins on sait que l'intervenant sera là, sinon pour nous écouter, au moins pour nous sourire ou nous dire bonjour...
Wednesday, October 30, 2013
Sortir de la rue, faire face aux préjugés
Alors que l'automne bat son plein et que l'hiver approche à grands pas, plusieurs personnes tentent de se trouver un appartement. Difficile de le faire lorsqu'on n'a pas de références! Les préjugés abondent. Et que dire de la perception des propriétaires, si vous n'avez pas de numéro pour qu'on vous rappelle, ou si le numéro que vous donnez est celui d'un organisme d'aide...
Wednesday, October 23, 2013
Sortir de la rue...avec 500$ de budget
On pense souvent que c'est tellement facile de sortir de la rue. Il n'y a qu'à louer un appartement, croient la plupart des gens. Alors que les temps se refroidissent, que l'hiver semble vouloir se montrer le bout du nez et que je commence, comme intervenante, à recevoir beaucoup de demandes d'aide à la recherche de logement, je vous invite à faire l'exercice de trouver un logement salubre, sécuritaire et à 500$ ou moins, dans un quartier central afin de demeurer à distance de marche des lieux possibles de travail et d'économiser en ne se procurant pas de passe d'autobus. Je ne parle pas d'un grand appartement: je parle ici simplement d'un appartement de transition, un 1 1/2 ou 2 1/2, sans bibittes...Sans compter l'enquête de crédit et la demande de références, les autres critères comme non-fumeur, pas d'animaux possibles...Donnez-moi le résultat de vos recherches!
Wednesday, October 16, 2013
Marcher porte à réfléchir
J'ai commencé à marcher pour venir au travail. Une marche d'un peu plus de 4 km. Le premier kilomètre se fait bien; je dépose ma fille à la garderie. Une station de métro se trouve à quelques pas de là. Il serait aisé d'y entrer et d'être au boulot en trente-cinq minutes. Mais cela impliquerait de dépendre de l'arrivée du métro et de devoir faire un transfert, puis de descendre pendant un autre kilomètre du métro. Je peux aussi continuer en ligne droite pour y aller à pied, et espérer pouvoir sauter dans un bus, qui passe aux vingt-cinq minutes, éventuellement, ou marcher tout au long. Je finis invariablement par marcher tout au long. Le second kilomètre, je suis sur mon air d'aller, ça va bien. Je remplis mes poumons d'air frais, je me sens confiante, je pense à ma journée à venir. Le troisième kilomètre, je commence à en avoir marre. Je sais que le bus passera bientôt et je me demande si je ne devrais pas plutôt l'attendre, bien qu'il m'en reste si peu! Je me dis alors que, bien qu'il me reste le pont à passer, le pire est fait et que je suis aussi bien de continuer. Sauf que je n'ai pas envie de faire la petite montée! Une fois sur le pont, je sais qu'il m'en reste peu, qu'un petit kilomètre. Je suis encouragée par la perspective de voir la rue de l'organisme tout près. J'arrive finalement au travail avec un grand sourire sur les lèvres, revigorée par cette marche matinale et en pleine forme pour débuter ma journée.
Pourquoi est-ce que je vous raconte cela? Parce que ce moment de ma journée peut être comparé aux démarches que font les personnes en situation d'itinérance pour se sortir de la rue ou de leurs dépendances. Au début, ils sont motivés, prêts à tout. Puis, quand les obstacles commencent à survenir, ils ont envie de tout lâcher, d'arrêter d'avancer. Les obstacles semblent insurmontables et il leur reste la moitié du chemin à faire! Et puis ils vont que là, devant, il y a cette autre côte à franchir, qui requiert d'autres efforts, d'autre énergie qu'ils n'ont plus nécessairement. Puis, une fois que les démarches sont bien entamées, l'appartement est visité, ils sont entrés en désintox ou autre, reste à tenir le coup pour terminer la randonnée. Et puis le sourire revient pour eux aussi.
Pourquoi est-ce que je vous raconte cela? Parce que ce moment de ma journée peut être comparé aux démarches que font les personnes en situation d'itinérance pour se sortir de la rue ou de leurs dépendances. Au début, ils sont motivés, prêts à tout. Puis, quand les obstacles commencent à survenir, ils ont envie de tout lâcher, d'arrêter d'avancer. Les obstacles semblent insurmontables et il leur reste la moitié du chemin à faire! Et puis ils vont que là, devant, il y a cette autre côte à franchir, qui requiert d'autres efforts, d'autre énergie qu'ils n'ont plus nécessairement. Puis, une fois que les démarches sont bien entamées, l'appartement est visité, ils sont entrés en désintox ou autre, reste à tenir le coup pour terminer la randonnée. Et puis le sourire revient pour eux aussi.
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